La Déesse et le Roi

w-lionElle est somptueuse, flottante par delà nos sphères. Sur un trône imposant d’or massif, elle est là. D’une fière et puissante volupté. Elle est la Déesse Solaire dont il est l’esclave. Ce n’est pas un choix, c’est un destin. Et parce qu’il est sa créature, parce que sa dévotion transmute sa soumission en jouissance, il est Roi parmi les hommes. Le pied de la Déesse se confond en couronne dès lors qu’il se pose sur sa tête. Son adoration devient puissance. Parce qu’il est transcendé il s’oublie, et parce qu’il n’est plus, il est hissé parmi les cimes.

Ainsi, dans une décadence libérale devenue planétaire, se dresse l’énergie baroque du Roi parmi les ruines de l’ancien monde. Le Roi est avant tout guerrier, il est combattant des logiques adverses. Sans cesse, il aiguise sa lame et affute son regard. Il a résisté à la dictature de l’économique. Il a le souvenir de ce qu’est le politique. Il discerne les courants de l’histoire qui agissent dans les limbes inconscientes. Issue du ciel, il sait que ce qui importe, c’est de suivre sa volonté de puissance. Le bonheur paraît médiocre à celui qui sait brûler son âme.

Par sa chatoyante élégance, la Déesse est visible parfois, au travers du Roi Guerrier, sous la forme d’une dignité jaillissante. Un flot de couleurs érotiques dont la source ne peut être que les océans intérieur des plus belles mystiques.

Lain Auser