L’Ere de la myriade

myriadismeVous vous êtes emparé de la société occidentale, et vous l’avez démontée pièce par pièce. Vous avez bien fait. Votre besoin de compréhension, vos désacralisations, vos remises en question ont été saines et intelligentes.

Mais aujourd’hui ? Une fois que le tissu de croyance est effiloché, que le motif résultant d’un ingénieux maillage disparaît au profit de la réponse à la question qui vous à tant obsédé : De quelle pelote exactement chaque fil provient-il ? Une fois que les sacralisations obscurantistes ont été démystifiées, que la lumière de la rationalité à brûlée vive les dernières prétentions apotropaïques ? Après tous ce travail artistique, littéraire, scientifique, philosophique, après toutes ses déconstructions, que reste-t-il ? Précisément, il ne reste rien.

Vous avez désossé nos monstres, nous voilà confronté au vide. Vous avez liquidé nos ennemis, nous voilà face à la solitude. Une solitude telle, que l’on en devient les ennemis de nous-même.

Dans votre hystérie déconstructiviste, vous gesticulez sur le sable brûlant, cherchant désespérément le moindre caillou, la moindre poussière que vous pourriez déconstruire, persuadé que vous êtes, que l’angoisse qui vous ronge, la solitude qui vous habite, vient de l’oppression qu’exerce ce caillou, de l’immoralité de cette poussière. Certains, pire encore se mettent à déconstruire les rares tentatives de ceux qui construisent, sous prétexte que ceci leur rappel un fantôme d’antan. N’avez-vous pas compris que lorsqu’il n’y a plus rien, toute présence ne peux que vous rappelez le passé ?

Peut-être que vous ne pouvez pas changer. Peut-être devez-vous mourir et céder votre place. Car dans le monde aride qui est le notre, et que vous avez contribué à provoquer, nous avons besoin d’une nouvelle attitude, d’un nouveau tempérament.

Nos artistes doivent ériger de somptueuses demeures, installer des forêts luxuriantes, inventer des plantes, irriguer les sables, produire de nouveaux oasis, architecturer l’iydillique.

Vous en êtes encore à la lutte contre le système, alors qu’il s’agit maintenant de faire proliférer des systèmes. L’ère de l’élimination simple est obsolète, le jeu actuel consiste à peupler les abimes. La destruction est démodée, nous en sommes à la myriade.

– Lain Auser

Erythréens. Focal sur un important flux migratoire.

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Les érythréens sont la deuxième population la plus représentée dans les flux migratoires récents, parmi les migrants au niveau européen, et la plus représentée en Suisse. Selon l’ONU, ils seraient 3000 par mois a quitter le pays. Rien qu’en Suisse, entre janvier et novembre 2016, le secrétariat d’État aux migrations (SEM) a enregistré 4758 demandes d’asile de ressortissants érythréens. En 2016, l’asile a été accordé à 44.5% de ceux-ci.

En plus du traitement des demandes d’asile, le SEM soutient également les adolescents en Érythrée pour leur permettre de terminer leurs études secondaires. Ceci a pour but de leurs permettre d’entrer dans la vie professionnelle, sans quoi, ils auront de grandes chances d’être mobilisés pour le service militaire érythréen qui dure 18 mois, et peut se prolonger selon certain, jusqu’à 40 ans.

Une fois que les érythréens désertent du pays, ils doivent encore payer une taxe de 2% sur leur revenu, au gouvernement érythréen. Selon un article du Temps, ceux qui refusent de la payer perdent tout droit d’acheter ou de conserver des terres, tout espoir de faire des versements aux proches, ou même par exemple d’organiser des funérailles.

Les premières remises en question

L’accueil des migrants érythréens semblaient couler de source, jusqu’à l’histoire des vacances érythréennes [ici]. En effet, entre 2000 et 2014, près de 62’000 réfugiés ont pu sortir de Suisse pour des voyages à l’étranger [ici], principalement des somaliens et des érythréens. Ses sorties du territoires ne sont pas non-officiel, elles ont été acceptées par le SEM. Selon Marcel Suter, président de l’Association des services cantonaux de migration (ASM), ce sont surtout les érythréens qui ont accès à cette pratique, puisque 15’158 dossier pour voyage ont été déposé en 4 ans et demi. Et comme le rappel Martin Reichlin, porte parole du SEM, si ces personnes sont à l’aide social, alors c’est au Canton de payer. Hors, les érythréens qui habitent en Suisse depuis moins de 6 ans sont 91 % à percevoir l’aide sociale.

post-card-from-eritrea_156Partir dans un pays étranger est une pratique légale, toutefois il est illégal de retourner dans son pays d’origine sauf cas exceptionnel (maladie d’un proche, etc..) puisque l’on est logiquement pas sensé se rendre fréquemment dans le pays qu’on fuit. La diaspora érythréenne, explique toutefois que les ambassades du Soudan et de l’Égypte émettent des passeports pour que les réfugiés puissent revenir dans leur pays en toute discrétion, c’est-à-dire en passant par un pays tiers.

Bien-sur, l’UDC s’est empressé de dénoncer ces pratiques. Elles constituent, selon eux, la preuve que les migrants érythréens sont avant tout des migrants économiques. Pour couper court à ces discours et établir la vérité sur cette affaire, le 21 et 23 janvier, une délégation suisse a accompli un « voyage de service » conduite par Urs von Arb, vice directeur du SEM, et l’ambassadeur Suisse au Sudan Martin Strub, qui représente aussi la Suisse en Érythrée. Ils ont rencontré des représentants du gouvernement ainsi que des organisations internationales, plusieurs ambassadeurs européens et africains.

Cette idée de voyage de service, fait suite aux expériences du Danemark. Celui-ci qui n’abritait qu’une petite communauté érythréenne de 580 personnes, a vu soudain arriver 2’2285 érythréens rien qu’entre janvier et novembre 2014, ce qui a provoquer une réelle panique. Estimant que les rapports sur l’Érythrée ne dépendait que du discours des réfugiés en question, le pays a envoyé 3 analystes en mission sur place. Le but était sutout d’examiner le service national, puisqu’il constitue la cause principale de départ des érythréens.

Le rapport du Danemark à fait de nombreux échos, puisqu’il concluait que le régime se montre à présent plus laxiste avec les déserteurs qui rentrent au pays, si ceux-ci ont payé la taxe de 2% et signent une lettre de regret. Toutefois, la délégation n’a pas pu visiter les prisons et ne peut donc confirmer ces dires.

Selon l’émission Rundschau de la télévision alémanique, la délégation suisse a donné du crédit au rapport danois de novembre 2014.

Souhaitant éclaircir davantage ce sujet, un autre voyage à été organisé. Avant même son départ, celui-ci a reçu de nombreuses critiques. Dans cet entretien de Claude Béglé [ici], il précise qu’il est parfaitement conscient que le gouvernement en place tentera de lui montrer le côté positif de l’Érythrée. Toutefois, ce vaudois peut compter sur son expérience au sein du CICR pour ne pas se faire avoir. De plus, il précise que le voyage est à ses frais, le but est véritablement de comprendre la situation érythréenne, de voir par lui-même. Le voyage comprend le PDC vaudois Claude Béglé, l’UDC zougois Thomas Aeshi, la socialiste argovienne Yvonne Feri, et la conseillère d’État verte argovienne Susanne Hochuli.

topelement A son retour, Claude Béglé est clair : « Des ONG ont exagéré sur l’Erythrée »[ici]. Celui-ci raconte avoir rencontré le conseiller du président, les ministres des Affaires étrangères, de la Communication, de la Santé, de l’Éducation, le gouverneur d’une région. Mais aussi toute une série d’Ambassadeurs qui n’ont aucune raison de faire l’éloge de l’Érythrée, la représentante des Nations Unies et des personnes du CICR. Se tenant à ses promesses, Claude Béglé a également rencontré le directeur de l’hôpital d’Asmara et des réfugiés revenus dans le pays. Au delà des personnes qu’on lui a présenté volontairement, il est bien-sur sorti sur le terrain, pour voir aussi ce qu’on ne lui montre pas spontanément.

L’Érythrée est pour lui, définitivement, bien loin d’une prison à ciel ouvert. Il précise également que les gens sont dévoué à leurs tâches et qu’il y a en fait, assez peu de corruption à haut niveau. Les difficultés financières viennent du fait que le gouvernement a voulu créer une petite île en autarcie. L’égalité est également assez impressionnante, puisque la différence maximal des salaires n’est que de 1:8.

Il y a donc ici un mixte entre une idée totalitaire et égalitaire de ce que devrait être l’indépendance politique. Les gens sont honnêtes, convaincu de leur bon droit, et étonnés que la communauté internationale les aient mis au ban. Bien-sur qu’il y a certaines violations des droits de l’homme qui ne sont pas a minimiser, mais elles semblent assez faible pour un pays Africain.

La conclusion de Claude Béglé correspond aux craintes des opposants au voyage de cette commission parlementaire. Comme il l’explique dans un entretien au tdg [ici], « […] La principale raison pour laquelle des jeunes partent est le manque de perspectives. Ces jeunes regardent la télé, ont Internet et ils ont envie d’autre chose que de la révolution à grand-papa. J’ai lu tous les rapports. J’essaie de rester neutre.« 

Claude Béglé donne également le résultat de ses observations au Grand Angle de TV5 Monde que vous pouvez écouter [ici]

Pourquoi ce traitement médiatique ?

Pourquoi l’Érythrée est-elle décrite par toute la presse occidentale comme un Enfer mi-prison, mi-caserne ? Pourquoi les nombreux réfugiés qui viennent en Europe souscrivent-ils à ce discours ? Pourquoi les rapports des droits de l’Homme s’acharnent-ils sur ce pays alors que de si nombreux pays africains lui sont bien supérieurs que ce soit au niveau des violences faites à la population ou la corruption au sein de ses élites ?

Pour cela il nous faut rapidement redresser l’histoire de l’Érythrée. Nous ne savons rien de l’Érythrée puisque les médias occidentaux n’en parlent pratiquement jamais, et lorsqu’ils en parlent c’est pour dénoncer une dictature terrible.

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Ce pays est situé dans la corne de l’Afrique. D’abord colonisé de 1890 à 1981 par italiens, puis par les britannique jusqu’en 1952, le peuple érythréens se retrouve ensuite sous le joug éthiopien. Au début du XXème siècle, l’Éthiopie a en fait été dessinée par les pouvoirs coloniaux. Dans la lignée de la doctrine Nixon (les pouvoirs impériaux doivent trouver des agents locaux pour faire le travail à leur place), l’Éthiopie est donc un agent pour le bon déroulement de l’agenda impérialiste colonial. Ainsi, au début des années 60, la résistance s’organise et se regroupe sous la bannière du front de libération du peuple érythréen (EPLF). Dans ce groupe révolutionnaire paramilitaire, les femmes combattaient également.

eplfEn 1974, l’Empereur d’Éthiopie Selassié est renversé. L’URSS entre en jeu et soutien le nouveau pouvoir éthiopien. La répression infligé au peuple d’Érythrée n’en devient que plus violente. La junte militaire massacre bon nombre d’érythréens à Asmara. Encore et toujours, l’EPLF maintient son programme révolutionnaire et continue la lutte armée pour l’indépendance. Il aide, soigne, éduque et organise la population en vue de la construction d’une nouvelle société. Au début des année 1990, le front de libération du peuple d’Érythrée est dans la dernière ligne droite avant la victoire et l’indépendance. L’armée éthiopienne perd le contrôle de l’Érythrée mais avant de se retirer, l’Éthiopie bombarde au napalm la ville portuaire de Massaoua.

afeworkiAprès leur victoire, les érythréens se prononcent par référendum pour l’indépendance et élisent leur président. La nation peut enfin prendre en main son histoire.

Ce que les médias ne disent pas, c’est que l’Érythrée est un des premiers pays Africain à atteindre les objectifs du millénaire. Fixé en septembre 2000 par une Assemblée extraordinaire de l’ONU, 8 objectifs doivent être atteint avant 2015.

  1. Éradiquer l’extrême pauvreté et la faim
  2. Universaliser l’éducation primaire
  3. Promouvoir l’égalité hommes/femmes
  4. Réduire la mortalité infantile
  5. Améliorer la santé maternelle
  6. Combattre le SIDA, la malaria et les autres maladies
  7. Respecter l’environnement
  8. Développer le partenariat global

Si le pays atteint ces objectifs, c’est parce qu’ils étaient déjà présent dans le programme de l’EPLF.

Indépendance du pays

Pour assurer l’indépendance du pays, il faut que celui-ci œuvre efficacement à sa reconstruction. C’est pourquoi le service militaire dont les médias parlent, n’est pas un service en arme aux frontières du pays comme beaucoup l’imaginent. Une grande part des individus en service militaire travaillent dans les hôpitaux, dans l’éducation, dans la construction de barrage, de systèmes d’irrigations, dans des programmes de reforestation et surtout dans l’agroécologie puisque l’autonomie d’un pays passe avant tout par sa souveraineté alimentaire.

Revenons alors à notre question, pourquoi tant de mensonge au sujet de l’Érythrée ? Pour Michel Collon, le traitement médiatique de la presse occidentale, lui rappelle la diabolisation faite à tous les gouvernement (Cuba, Vénézuéla, Bolivie) qui ont essayé de suivre une voie indépendante de la banque mondiale, du FMI et des multinationales. Quand le gouvernement décide uniquement de servir les intérêts de son propre peuple, il va se retrouver diabolisé.

Le président de l’Érythrée rapporte en effet qu’en 1993, directement après l’indépendance du pays, une délégation de la banque mondiale est venue dans le pays. Affirmant qu’ils souhaitaient rédiger le programme pour le pays. Ce programme incluait bien entendu une politique de développement. Au grand étonnement des délégués, le gouvernement érythréen à refusé. Ils ont alors affirmé qu’en Afrique, personne n’écrit son propre programme. L’Érythrée possède le tord de refuser le discours tacite de l’Occident : Vous êtes des bons à rien, nous allons vous nourrir.

Si la banque mondiale et le FMI veulent absolument écrire le programme des pays africains c’est surtout pour pouvoir l’écrire à leurs propres conditions, et ces conditions sont évidemment dictées par des intérêts particuliers.

29-oct-2011-camp-lemonnier3 L’Érythrée avec 1’300 km de côte en mer rouge, est en face de l’Arabie saoudite et du Yémen. De plus, l’Érythrée possède plus de 300 îles. Les États-Unis voudraient y installer bon nombre de bases militaires comme celle qu’ils ont déjà à Djibouti. Aussi, l’Érythrée est pleine de ressources, puisque de nombreux forages produisant du gaz et du pétrole ont été découvert dans ce coin de l’océan indien. Pour toutes ses raisons, l’Érythrée serait une position géostratégique parfaite pour les Etats-Unis. Ils veulent y accéder, avant que ce soit les compagnies asiatiques qui les possède.

Toujours selon Michel Collon, chaque fois qu’un pays se trouve être la cible des États-Unis de part ses ressources ou sa position stratégique, celui-ci finit par être diabolisé. Ceci est récurant et peut sans problème être validé par l’histoire. La diabolisation précède chaque guerre, chaque agression. Nous croyons recevoir des informations qui viennent de journalistes indépendant, hors George Soros finance l’International Crisis Group [ici], Human Rights Watch [ici], Avaaz [ici], etc.. Ces gens diffusent des campagnes, des rapports et des informations. Et les journaux comme Le Monde, Libération, le New York Times ou les grandes télés comme la BBC, TF1, etc.. les reprennent. Ces informations sont présentées comme venant d’experts indépendants. Les gens doivent se rendre compte que derrière l’information il y a des intérêts, il y a de l’argent.

Michel Collon a participé à un excellent reportage sur le front de libération érythréens, sur la situation actuelle en Érythrée, et sur les causes de sa diabolisation.

Erythrée Viens et Vois from Petit Oeil on Vimeo.

Histoire géostratégique du pays

Mohammed Hassan, spécialiste de la géopolitique et du monde Arabe, explique que la plus grande base américaine en Afrique, et la plus grande base française, se trouvent à Djibouti [ici]. Le président de ce pays, Ismail Omar Guelleh, ne se maintient au pouvoir que grâce au soutien des puissances étrangères, il n’a aucune base sociale, et la stabilité du pays est donc extrêmement fragile. Guelleh est donc totalement dépendant de Washington.

Hors, la vision de l’Afrique qu’a l’Érythrée est celle d’un continent totalement débarrassé des puissances étrangères. Toujours selon Mohammed Hassan, les États-Unis craignent que la vision  érythréenne ne fasse des adeptes dans la Corne d’Afrique. Déjà à l’époque, si l’Érythrée était rattachée à l’Éthiopie (pays avec lequel il ne s’entend pourtant pas du tout), c’est parce que l’Éthiopie était un allié de Washington, et qu’avant la surveillance satellite, l’Érythrée était parfaite pour installer les systèmes d’écoutes à portée limitée, afin d’espionner ce qui se passait en Afrique, au Moyen-Orient, dans le Golfe et même dans certaines parties de l’Union soviétique.

Ainsi, en 1950, sur décision de l’ONU et suivant la volonté des États-Unis, l’Érythrée devient une entité autonome fédérée à l’Éthiopie. Deux systèmes totalement incompatible deviennent donc obligé de vivre ensemble. Cette étrange cohabitation allait indirectement conduire à une tentative de coup d’État des Érythréens contre l’Empereur Sélassié. Empereur sous lequel, le régime était féodal, sans Constitution, où l’esclavage était encore pratiqué et où il n’y avait pas de droit politique. Le coup d’État est donc tenté en 1960 lorsque l’empereur est en voyage au Brésil, mais l’armée éthiopienne ne suivit pas, et l’opération échoua. Si le coup d’État a échoué, c’est également parce que grâce à Israël, l’Empereur en voyage pu rapidement établir un contact avec un général et faire capoter la rébellion. L’Europe n’est pas en reste, puisqu’elle aussi soutenait l’Éthiopie en lui fournissant des armes. En 1962, l’Éthiopie annexa totalement l’Érythrée.

En 1974, après 44 ans de règne, l’Empereur Sélassié est finalement renversé par une révolution socialiste. L’Éthiopie, qui jusque là avait été un allié stratégique des États-Unis, bascula dans le giron soviétique. Moscou apporta alors un soutien militaire très important au pays dans sa répression de la résistance érythréenne. Malgré ses 150’000 hommes dans sa campagne « Étoile Rouge », l’Érythrée vint à bout de l’Éthiopie soviétique. Asmara est libéré en 1991. L’Érythrée est indépendante.

Pourquoi un tel régime ?

Aujourd’hui, l’Érythrée est la preuve qu’un pays africain peut se développer sans l’aide de l’Occident. Ce pays a choisi de mener une politique de développement sans les puissances étrangères. Le pays est dit « fermer sur lui même » puisqu’ils n’accepte pas de libre échange avec les puissances occidentales. Pour eux, si les multinationales inondent le continent africain de produits subventionnés, cela empêche les producteurs locaux de se développer. La politique Érythréenne est dure mais réaliste. Elle vise le long terme. Elle est stratégique.

La mobilisation, tant critiquée par les médias, est le ciment de ce modèle de développement. Par exemple, quand les italiens ont colonisés l’Érythrée, ils ont construit une ligne de chemin de fer reliant le port de Massaoua à la capitale. Mais durant la guerre d’Indépendance, les éthiopiens ont récupéré une partie de l’acier de cette ligne ferroviaire et l’on endommagée en construisant des tranchées. Quand l’Érythrée est devenue indépendante, le gouvernement a voulu reconstruire cet axe stratégique. Des sociétés occidentales ont proposé de prendre en charge les travaux en demandant des sommes colossales, allant jusqu’à 400 millions de dollars. l’Érythrée a répondu « non merci, nous allons le faire nous même ». Tout le peuple s’est mobilisé, jeunes, femmes, vieillards.. Et ils ont reconstruit cette ligne qui aujourd’hui fonctionne a nouveau. Le prix de ces travaux ? 70 millions de dollars. L’idée est de faire un maximum soit même sans dépendre de puissances étrangères. D’ailleurs, l’Érythrée est peut-être le seul pays au monde où il n’y a pas de spécialistes étrangers.

Une des critiques principal qui est fait au régime est que celui-ci n’est pas composé de partis politiques. Hors, les modèles occidentaux ne sont pas transposables partout de la même manière. L’idée d’un citoyen du monde sur lequel on peut copier-coller des recettes occidentales est un mythe. En Afrique, le multipartisme est considéré comme un cheval de Troie pour les impérialistes. Les démocraties occidentales peuvent ainsi lancer des candidats dans la campagne électorale qui assureront leurs intérêts en finançant leurs élections. De plus, en Afrique, et surtout en Érythrée qui contient 9 ethnies différentes, des partis ne font qu’ajouter aux divisions. La forte disparité ethnique et religieuse fait qu’il faut favoriser un système qui au contraire renforce l’unité du peuple. La démocratie est plus participative qu’électoral. Les démocraties occidental ont tendance à oublier qu’il y a plusieurs niveaux à une démocratie.

Si la presse n’est pas libre c’est également pour éviter l’invasion de puissances étrangères. En fait, il faut revenir à la réalité. Les médias privés africains n’existent pas. Pour lancer un média privé, vous avez besoin d’un important capital et vous devez concurrencer les groupes médiatiques occidentaux sur un marché libéralisé.

Dans l’émission « Et si… » sur TV5 Monde [ici], Hanna Simon, ambassadeur d’Érythrée en France, explique très bien que la mauvaise presse occidentale fait partie de l’opération de déstabilisation de l’Érythrée. Elle parle également des nombreux jeunes qui partent du pays pour se rendre en Occident. Pour elle, tout d’abord, de nombreux migrants de pays africains autres que l’Érythrée se font passer pour des érythréens car ils savent qu’ils obtiendront l’asile. Ensuite, le fait que les pays occidentaux diabolisent le pays d’où ils partent, fait qu’il serait incohérent de ne pas les accepter comme migrants lorsque ceux-ci désertent. Pour Hanna Simon, tout ceci est bénéfique pour l’agenda occidentale, puisque ainsi le pays se vide de ses forces vives. Elle reproche donc aux aux États-Unis et à l’Europe, d’attirer, via leurs politiques d’accueils, les jeunes du pays. Mohammed Assan précise encore ; Les services secret américains soutiennent cela. Ils tentent d’infiltrer la société érythréenne et incitent les jeunes à fuir le pays. L’idée derrière cela est que si la plupart des jeunes quittent le pays, l’armée sera affaiblie, l’économie ne tournera plus et le gouvernement sera renversé.

Pour Michel Collon, avec la diabolisation de l’Érythrée, on a donc tous les symptômes de la préparation d’une agression, il va arriver au peuple d’Érythrée ce qui est arrivé aux peuples d’Irak, d’Afghanistan, de Libye, etc. Et le mépris avec lequel on réceptionne les discours des délégations politiques qui se sont rendus en Érythrée semble bien indiquer que la politique d’accueil des migrants éthiopiens est la première phase de cette agression.

Alors que faire ?

  1. Sortir du schéma « bon sauvage VS mauvais sauvage »
    Ce schéma est un biais bien connu en anthropologie. Lorsque nous ne connaissons pas une culture, une ethnie, une religion. En bref, lorsque nous sommes confronté à l’Autre, il existe deux biais dans lesquels nous pouvons tomber. La première est celle du « mauvais sauvage », c’est-à-dire considéré l’autre comme forcément agressif, inférieur, stupide, animal. La droite à tendance à tomber dans ce travers. C’est ce qui fait dire des phrases complètement stupides comme « ce sont tous des violeurs » ou encore « ils viennent ici pour voler notre travail ».
    Ceux qui ont peur d’être traité de raciste, tombent souvent dans l’autre biais, tout aussi dangereux. Le mythe du « bon sauvage ». Il s’agit ici de considéré que nous sommes les pires, et que les autres groupes humains, particulièrement les africains, sont mieux que nous. C’est considéré qu’ils sont plus proche de la nature, ou encore que ce sont des êtres sans défense uniquement victime des occidentaux. C’est bien souvent la ligne du PS qui les infantilise au moins autant que l’UDC les démonise. Sortir de ce schéma c’est comprendre que les érythréens ont leur propre histoire, leur propre culture, qu’ils sont le produit d’une certaine communauté, et que celle-ci tente de s’en sortir par un chemin que nous devons respecter.
  2. Encourager des délégations politiques et des journalistes réellement indépendants à aller en Érythrée. Et une fois sur place, donner la parole à un maximum d’érythréens.
  3. Faire des dons au front de libération érythréens (EPLF). Organiser un spectacle, une séance de diffusion, ou un concert et donner le tout sans contrepartie pour aider au développement des infrastructures et les rendre plus rapidement autonomes.
  4. Revoir les critères d’acceptation des migrants érythréens. Collaborer avec l’Érythrée pour inciter les jeunes à s’investir dans leur pays, commence par dissiper l’illusion d’un eldorado européen.
  5. Dévoiler les enjeux cachés en Érythrée. C’est la ligne d’action de cet article.
  6. Travailler avec le gouvernement érythréen pour que les érythréens aient envie de retourner d’eux même au pays. Vérifier que les personnes qui retournent dans le pays ne subissent pas de mauvais traitement.
  7. Mettre en place des réseaux entrepreneurial et associatif pour travailler avec les entreprises et associations érythréennes.

 

– Lain Auser