Artificialité naturelle

nature

Plus je cogite sur la Nature, plus je me rend compte qu’elle est partout présente. Elle est la source d’où tout surgit. On dit qu’elle est le bon, le vrai, le pur. Et puis il y aurait l’Homme, celui qui fait tout foirer. Quand un élément est construit par l’Homme, on dit qu’il n’est pas naturel. Il a été construit, il est artificiel.

Ce que j’entends démontrer ici, c’est que le non-naturel, l’artificiel, n’existe pas. En réalité même un embryon humain génétiquement modifié est naturel, et même si l’on entend combattre cette pratique, alors il faut tout d’abord le reconnaitre.

L’homme est un animal, un mammifère au néocortex suffisamment développé pour lui permettre une conscience auto-réflexive spécifique. Les organes sont développés selon des instructions codées dans l’ADN. L’espèce humaine, tout comme les autres espèces naturelles, peut être vu comme le produit d’une évolution darwinienne. Puisque la pensée est permise par le néocortex, et que celui-ci est le fruit de la Nature, alors la pensée elle-même peut-être définie comme naturelle. Il est naturel à l’Homme de posséder une conscience auto-réflexive, tout comme il est naturel pour un éléphant d’avoir un odorat très développé.

Par sa pensée, l’Homme conceptualise le monde et le modifie en agissant sur lui. Tout comme les fourmis modifient l’organisation de la forêt pour ériger leur fourmilière, les humains fondent des villes et des Nations. Si lorsque nous parlons d’une ruche, nous la qualifions volontiers d’œuvre de la Nature, il ne viendrait à l’idée de personne d’en faire autant lorsqu’il s’agit d’un building. Pourtant quelle différence entre l’habitation de deux espèces issues de la Nature ?

D’ailleurs, dire que nous sommes « issu » de la Nature est encore une faute. Cela voudrait dire que nous en sommes sortis, que nous n’y sommes plus. Rien n’est plus faux. Nous sommes la Nature à l’œuvre, tout comme les abeilles, les biches, le vent, les forêts, le courant électrique, les machines à vapeur, et nos buildings.

Cette distinction entre l’Homme et la Nature me semble être une conséquence du Christianisme en premier lieu, puis des religions monothéistes en général. C’est le Christianisme qui déclare que Dieu (élément exogène au monde par excellence) a créer l’Homme ET la Nature au service de l’Homme (justifiant par là-même l’exploitation irréfléchie de ses ressources naturelles).

Les avis qui divergent du mien ne me dérangent pas du tout, mais les positions absurdes et hypocrites m’exaspèrent, c’est pourquoi il vous faut faire un choix. Soit vous assumez pleinement être créationnistes, et pensez qu’un élément non-humain et non-naturel, à créer l’Homme (distinct de la Nature) puis la Nature (distincte de l’Homme). Ou alors vous pensez que seul la Nature existe, et qu’elle est partout et tout le temps à l’œuvre, auquel cas aucun élément ne peux être qualifié de non-naturel (oui, oui, même le diéthylamide d’acide lysergique de Sandoz).

Ce papier n’a pas pour but d’encourager l’industrie pharmaceutique, le complexe militaro-industiel, et les megastructures commerciales, au détriment des médecines alternatives, de la marche en famille, et des fermes de village. Non, absolument pas. Toutefois, je pense qu’il nous faut sortir à tout prix du schéma simpliste et simplifiant : Nature = BIEN / Homme = MAUVAIS.

La Nature n’est pas forcément bonne (l’Amanite tue-mouche est un champignon tout à fait naturel, pourtant elle est un poison pour de nombreuses espèces), l’Homme n’est pas forcément plus mauvais que la Nature, et de toute manière cette distinction n’a aucun sens puisque l’Homme EST la Nature ou tout du moins un aspect de sa formidable bio-diversité.

Mon article aura atteint son but, si par exemple :

  • Lorsque les médecins alternatifs s’attaquent à la bio-médecine occidentale, ils abandonnent le discours « nous c’est plus naturel, donc c’est mieux », pour déclarer haut-et-fort « nous avons découvert des variables que vous ne connaissez pas, en les appliquant on constate que nos méthodes sont plus efficace que les vôtres.
  • Lorsque les écologistes s’expriment, ils arrêtent avec les slogans comme « sauvons la planète ». La planète ne risque absolument rien. Elle a déjà subit bien pire que le réchauffement climatique (glaciations, éruptions volcaniques et nuages toxiques titanesques). Il y a 66 000 000, lorsque la comète de Chicxulub c’est écrasée sur le Mexique, l’explosion était plusieurs milliards de fois celle de la bombe d’Hiroshima (nous sommes des petits-joueurs). Cela a provoqué l’extinction des dinosaures, mais permis également à de nouvelles espèces d’émerger. La Nature est surpuissante, ne pensons pas la menacer ou devoir la sauver. Tant de narcissisme se situe entre le risible et l’absurde. Ne sauvons pas la planète, sauvons notre espèce en contrôlant de manière plus optimale les retro-actions à long-terme de nos choix de production.

La Nature, dans ses formes complexes d’organisations, a permis l’émergence de la conscience auto-réflexive. Entre elles, les consciences se fécondent. Nous dialoguons, échangeons, combattons. Dans le brouhaha des usines mémétiques, nous nous étourdissons jusqu’à en oublier qui nous sommes. Nous sommes la Nature à l’œuvre.

 

– Lain Auser

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